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Réunion du Comité de Pilotage le 3 Février 2020 au LRI / bât 650 - Réunion de fin de projet

Contents

Ordre du jour

  • Bilan du projet
  • Clôture de la tranche 2
  • Pérennisation de Digiscope au sein de l’Université Paris-Saclay
  • AMI Equipex+ : position des partenaires sur la participation à une réponse à cet appel
  • Questions diverses

Participants présents et excusés

Membres du Comité de Pilotage :

  • Université Paris-Saclay : Michel Guidal, (Alain Denise excusé)
  • Université Paris-Sud : Michel Beaudouin-Lafon
  • CNRS : Gérald Dherbomez (Mokrane Bouzeghoub excusé)
  • CEA : Alexandre Douin
  • INRIA : Olivier Gladin
  • Institut Telecom : James Eagan (Eric Lecolinet excusé)
  • CentraleSupelec : Hélène Huard
  • ENS Paris-Saclay : Christophe Labourdette (Eric Vourc'h excusé)
  • Université Versailles - Saint-Quentin : Bertrand Lambège
  • Maison de la Simulation : Edouard Audit

Invités :

  • Comité Technique : Cédric Fleury, Jeanne Vézien
  • Comité des Programmes : Patrick Bourdot, Jean-Daniel Fekete

Documents présentés

Compte Rendu

1. Bilan du projet

Avant d'ouvrir la discussion, Michel Beaudouin-Lafon présente une courte synthèse des points positifs et des difficultés rencontrées dans le projet (voir transparents joints).

Les points positifs sont nombreux : Toutes les plateformes sont opérationnelles et utilisées avec un taux d'utilisation satisfaisant et un impact important sur la recherche (notamment en termes de publications) mais aussi de formation (cours et stages de Masters, thèses de doctorat). Les partenaires ont apporté un soutien important en moyens humains avec un ingénieur permanent à temps complet ou partiel pour chaque plateforme. Ces personnels ont constitué un réseau avec une forte expertise, qui est sollicité régulièrement par d'autres projets. Le FabLab Digiscope est un succès bien au-delà des objectifs originaux : ouverture à différents publics, formation au sein de l'Université et au-delà, avec notamment la FabAcademy et la création du premier Diplôme d'Etablissement en Manager de FabLab en France.

Cependant un certain nombre de difficultés ont ralenti le projet et ont pu limiter son impact : L'installation de certaines plateformes a été retardée, par exemple pour des questions de disponibilité des locaux, et quatre d'entre elles ont dû ou doivent faire face à des déménagements. Le déploiement du système de téléprésence a été ralenti par un appel d'offre infructueux, puis un développement en interne qui n'a pas pu aller jusqu'au bout, faute de moyens humains. Enfin, et bien que ce n'était pas l'objectif principal du projet, le nombre d'utilisateurs extérieurs au projet est resté limité.

L'échange qui suit la présentation permet à chaque partenaire de s'exprimer sur sa perception du bilan du projet.

Edouard Audit (Maison de la Simulation / plateforme Mandelbrot) souligne le caractère unique de certaines réalisations, et l'effet transformatif qu'a pu avoir Digiscope, par exemple l'utilisation de la plateforme Mandelbrot avec une équipe de NeuroSpin pour la visualisation de l'anatomie du cerveau.

Christophe Labourdette (ENS Paris-Saclay / SHIVA) insiste sur l'importance de faciliter l'accès des utilisateurs potentiels aux plateformes ainsi que l'importance des moyens humains. A l'ENS cela a été rendu difficile par le fait que la salle était aussi la salle du conseil de l'Ecole, et par le fait que l'ingénieur en charge de la plateforme a été partiellement absent pendant une partie du projet. SHIVA, comme les autres plateformes, n'est pas encore utilisable en mode "production". Il propose de compléter les plateformes par des écrans interactifs plus petits qui seraient mis à disposition des chercheurs, dans leurs labos, afin de les familiariser avec les possibilités de ces équipements et avant de se lancer dans l'utilisation des plateformes de grande taille.

Hélène Huard (CentraleSupélec / SINAPSE) explique que CentraleSupélec a réussi à mobiliser des utilisateurs grâce à un demi-poste d'ingénieur et un chercheur du laboratoire EM2C qui a donné l'impulsion. Malheureusement, le déménagement, qui a mis la plateforme hors service pendant près d'un an, a mis un coup d'arrêt à ces efforts. Elle indique aussi l'intérêt de connecter SHIVA avec les données du mésocentre de CentraleSupélec. Dans la perspective de la pérennisation du projet, elle pense qu'il est plus important de se concentrer sur des utilisateurs dans les labos avant de penser à des utilisateurs extérieurs. Enfin, elle rappelle qu'il y a en réalité deux catégories d'utilisateurs : les chercheurs en interaction humain-machine qui étudient et développent les modalités d'interaction collaborative dans ces environnements, et les chercheurs d'autres disciplines qui souhaitent utiliser ces plateformes pour leurs besoins de visualisation de données complexes.

Patrick Bourdot (CNRS-LIMSI / EVE) souligne le rôle qu'a eu Digiscope pour des collaborations scientifiques au sein du projet, par exemple, en ce qui concerne EVE, avec CentraleSupelec, avec l'ENS Paris-Saclay, avec l'équipe ExSitu (LRI-Inria) et avec le LATMOS (UVSQ), mais aussi avec des équipes extérieures au projet comme l'IRBA, l'Université Paris-Descartes ou l'Université de Wuhan. Ces collaborations sont plus difficiles à mettre en place dans certains cas, par exemple avec les industriels à cause de problème de confidentialité des données. Selon lui, le projet a permis de mettre en évidence de nouvelles problématiques : le rôle des grands dispositifs (immersifs ou non) par rapport à des petits dispositifs en réseau (par exemple casques HMD) ; l'importance de la téléprésence pour permettre la collaboration distante ; l'hétérogénéité des données qui doivent pouvoir être traitées ; enfin la dualité entre utilisation des plateformes pour la recherche et par des utilisateurs finaux.

Alexandre Douin (CEA / VIKI) explique le rôle de vitrine technologique auprès des partenaires industriels, qui a mené à des projets de recherche, ainsi que le rôle auprès de partenaires institutionnels (par exemple : visite du 1er ministre chinois). Cependant, les industriels se sont, dans le même temps, tournés vers les casques HMD, beaucoup plus abordables. Le déménagement de l'équipe (mais pas de la plateforme) du bâtiment Digiteo au bâtiment NanoInnov a conduit à développer des stations avec casques à NanoInnov, l'idée à terme étant de faciliter la migration et la collaboration entre les deux types d'équipements.

Bertrand Lembège (UVSQ / MIRE) fait part des travaux réalisés par le laboratoire REEDS sur l'étude des situation de crise, ainsi que de l'utilisation de MIRE pour l'enseignement, que ce soit par REEDS ou en physique des plasmas par exemple. Sur le plan scientifique, le côté vitrine marche très bien, mais il faut pouvoir aller au-delà, ce qui nécessite des développements dédiés et donc les moyens humains correspondants. ll souligne l'intérêt des moyens de téléprésence s'ils sont déployés de façon internationale, par exemple dans le cadre d'une collaboration avec le Japon.

James Eagan (Télécom / PIXLS et IRIS) explique que Digiscope a été utilisé pour des projets de recherche, dont des projets collaboratifs, qui n’auraient pas été possibles sans cet équipement. De plus, son installation dans le Centre de Documentation de l’école a facilité son adoption par divers publics à des fins de présentation, brainstorming, etc. Par ailleurs Digiscope a donné l’impulsion à la création du FabLab de Télécom Paris, aujourd'hui à la fois utilisé pour la recherche, l'enseignement et les projets d'élèves. Les principales difficultés ont été le déménagement à Palaiseau, la mise en place tardive de la téléprésence suite à un appel d'offre infructueux (les équipements avaient été initialement répartis sur deux sites, PIXLS et IRIS dans cette optique) et le besoin de moyens humains importants pour effectuer les développements logiciels spécifiques à chaque projet.

Jean-Daniel Fekete (Inria / WILDER et FabLab) rappelle la bonne surprise d'avoir réussi à créer un FabLab qui a une vie propre (accueil de publics divers, formation) mais reste complètement intégré à Digiscope et utilisé aussi par ses membres pour les besoins du projet. Il insiste sur la tension entre l'usage des plateformes de façon exploratoire, pour des besoins d'expérimentation, et dans un mode clé-en-main, pour des usagers extérieurs. Digiscope est plutôt du côté expérimental, et a permis de bien comprendre quelle architecture logicielle et quels moyens d'interaction conviennent à quel type de problème. C'est maintenant aux industriels de prendre les relais pour développer des solutions plus robustes sur les 2 ou 3 architectures qui ont été identifiées. Les aspects collaboratifs sont encore à un stade exploratoire, mais sont importants à développer : là aussi il y a une tension entre un système sophistiqué mais exploratoire et des usages clé-en-main mais en mode dégradé.

Olivier Gladin (Inria / WILD et WILDER) explique le succès des plateformes par la présence des équipes de recherche sur place mais aussi des moyens humains mis par les partenaires. Le fait que le logiciel de téléprésence n'ait pas pu être développé plus avant par le manque de moyens humains est frustrant. Il considère que les plateformes sont très vivantes, et sont souvent sollicitées pour des démonstrations. Cependant lorsque des utilisateurs s'avèrent intéressés, l'effort est en général trop grand pour faire le développement nécessaire et les utilisateurs ne sont pas prêts à faire l'investissement correspondant.

En résumé, les partenaires s'accordent sur le succès général du projet, et mettent en avant plusieurs défis pour sa pérennisation.

2. Clôture de la tranche 2

Michel Beaudouin-Lafon rappelle aux partenaires la procédure de clôture de la tranche 2 du projet : soumettre sur la plateforme ANR un relevé de dépenses couvrant l'ensemble de la tranche 2, mais aussi le détail des apports des partenaires ; compléter le document mis en ligne pour l'année 2019, à partir duquel il rédigera le projet de compte-rendu final du projet avant de le faire circuler et de le soumettre sur la plateforme ANR (deadline le 5 mars à midi).

3. Pérennisation de Digiscope au sein de l’Université Paris-Saclay

Michel Beaudouin-Lafon rappelle que lors du dernier comité de pilotage, les partenaires ont fait part de leur souhait que Digiscope continue après la fin du financement Equipex, en poursuivant l'exploitation des plateformes et en apportant des moyens de fonctionnement (matériel, ingénieurs). Il doit rencontrer le 28 février Sylvie Retailleau et plusieurs élus des conseils de l'Université Paris-Saclay pour discuter de ces perspectives et des moyens que pourrait apporter l'Université. Il rappelle que l'Université souhaite mettre en avant ses plateformes et indique que l'Institut Polytechnique de Paris est prêt à continuer à participer à Digiscope, selon des modalités à discuter.

Michel Guidal complète en indiquant que Paris-Saclay souhaite en effet mettre en avant ses plateformes. Il fait part de l'organisation en juin prochain d'une journée sur les plateformes de biologie-santé (avec industriels, tables rondes, etc.) et suggère d'organiser une journée similaire pour les plateformes numériques, en lien avec la Graduate School Computer Science.

Concernant la pérennité du soutien des différents partenaires, Alexandre Drouin indique ne pas avoir d'information du CEA pour l'instant ; Edouard Audit (Maison de la Simulation) explique qu'il lui faut montrer qu'il y a des utilisateurs ; Jean-Daniel Fekete considère qu'Inria continuera le soutien si les équipes le souhaite. Il ajoute que les pressions croissantes pour limiter l'impact écologique des déplacements en avion devraient être un argument pour développer des systèmes de téléprésence efficaces entre les salles. A titre d'exemple, Bertrand Lambège (UVSQ) fait part de l'existence de salles (ESA en Hollande, CNES à Toulouse) qu'il serait bon d'interconnecter.

La discussion s'engage sur la possibilité de réaliser des prestations payantes pour contribuer au financement du projet. Jean-Daniel Fekete considère que nous ne sommes pas encore équipés pour cela, Patrick Bourdot s'interroge sur le business plan et préfère que l'accès soit lié à un contrat qui soit intéressant pour les deux parties. Michel Guidal fait part de son expérience avec l'Equipex Andromède et la plateforme ALTO de l'IPN, où il est projeté de réserver environ 20% du temps pour des prestations externes, ce qui permettrait d'autofinancer par exemple un CDD. Il reconnait cependant que toutes les plateformes n'ont pas vocation à faire des prestations.

Edouard Audit et Christophe Labourdette rapportent qu'ils ont fait l'exercice avec leur établissement de chiffrer un prix de prestation, mais considèrent que le bénéfice est insuffisant. Jean-Daniel Fekete explique avoir réalisé une prestation pour les 70 ans de l'INRA, qui a permis de rémunérer un post-doc. Il propose de faire du co-développement avec des entreprises, mais s'interroge sur le modèle à utiliser.

Patrick Bourdot analyse l'état actuel des relations avec les industriels : Les gros industriels ne sont pas intéressés car ils peuvent avoir des plateformes similaires chez eux ; ils considèrent Digiscope comme de la recherche amont qui pourrait produire des solutions dont ils pourront s'inspirer. Par contre, il pense qu'il existe un marché du côté des PME, qui ont des besoins mais pas les moyens d'acquérir de telles plateformes. Cependant il s'avère difficile de les approcher. Michel Guidal rappelle que Paris-Saclay peut aider, par exemple par l'intermédiaire de la SATT ou d'autres outils.

En conclusion, il apparait qu'il y a une volonté partagée de poursuivre le projet mais il faut clarifier les attentes des établissements partenaires et les moyens qu'ils pourraient apporter. Il semble que l'offre de prestations, si elle est envisageable pour certaines plateformes, est difficile en pratique à mettre en œuvre et en tout état de cause ne sera pas suffisante pour un auto-financement des coûts de fonctionnement du projet.

4. AMI Equipex+

Dans la suite du point précédent, Michel Beaudouin-Lafon fait part de l'appel à manifestation d'intérêt Equipex+ publié récemment par l'ANR dont la date de clôture est le 19 mai. Il présente les transparents qui décrivent les grandes lignes de cet appel.

Plusieurs partenaires de Digiscope avait déjà participé à une réponses à un appel européen d'infrastructure, pour proposer un réseau européen de plateformes (projet VISIONAIR2). Ce projet n'a pas été retenu mais avait permis de rencontrer les autres partenaires français et de faire un travail important, notamment de chiffrage du coût d'utilisation des plateformes. Michel Beaudouin-Lafon a contacté ces partenaires français (Rennes, Grenoble, Marseille, Paris-Centre) et une visio-conférence est prévue la semaine du 10 février.

L'absence de financement des moyens humains par l'appel Equipex+ apparait aux partenaires comme un problème sérieux. Patrick Bourdot considère que cet appel permettrait cependant d'effectuer la jouvence de certains équipements de Digiscope. Michel Beaudouin-Lafon propose qu'il puisse servir également à financer des équipements de taille intermédiaire entre l'ordinateur de bureau et les grands murs d'écrans de Digiscope, afin de mettre les technologies de visualisation et de collaboration à disposition d'un plus grand nombre de personnes, et de servir, comme l'expliquait Christophe Labourdette, d'étape intermédiaire avant d'utiliser les grandes plateformes.

Edouard Audit et Jean-Daniel Fekete considèrent que pour faire une réponse crédible, il faut cibler un ensemble de cas d'usage et identifier des communautés d'utilisateurs intéressées, par exemple dans le domaine de la santé avec la mise en place du Hub Santé.

A ce stade l'adéquation de l'appel Equipex+ aux besoins de Digiscope doit être approfondi. Michel Beaudouin-Lafon reviendra vers les partenaires après avoir échangé avec les autres sites intéressés au plan national.

5. Questions diverses

Michel Beaudouin-Lafon indique que les conventions de mise à disposition des équipements de téléprésence ont (enfin !) été signées entre l'Université Paris-Sud et les différents partenaires dans le courant du mois de décembre 2019.

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